Cagola never dies.
Cette fois-ci, je la pensais partie du site pour de bon. Mais n’ayez crainte, non abbiate paura, Cagola est comme le Beaujolais nouveau ou les fêtes de Noël, elle reviendra bien assez tôt. D’ailleurs Cagola ne part jamais vraiment. Dans ma maison, par exemple, son fantôme est là, il hante mes placards et me harcèle pour qu’enfin, je me lance dans une après-midi de ménage, activité dont elle est très friande. Quand elle me rend visite, elle franchit le seuil de la porte en regardant le sol, un peu comme si elle voulait me priver à ce moment là, de ce sourire de joie qu’elle esquisse pudiquement à l’idée de rentrer chez elle. Car chez moi, elle est un peu chez elle, Cagola. De la maison, elle connaît les moindres recoins, et sait où trouver des plombs pour le tableau électrique ou mes revues, quand j’ai oublié où je les ai perdues. Malgré ses airs de rebelle indomptable et insoumise, elle s’appliquera dans toutes les tâches qu’elle se donne pour mission d’accomplir pendant son séjour. Je m’appliquerai, en usant d’un second degré qu’elle sait décrypter maintenant, à systématiquement dénigrer son travail ou ses initiatives. Pour le simple plaisir de lui mettre un peu plus la pression en lui faisant croire que même ma mère réussit mieux les gâteaux au yaourt, et l’entendre finalement me traiter de sac à merde.
En quelques heures, la maison retrouvera son lustre d’antan, celui qui cessa d’exister au lendemain du dernier jour qu’elle passa à la maison, lors de ses dernières vacances. Le soir à la nuit tombée, je rentre du boulot et lui demande comment s’est passée sa journée. Je sais, qu’elle me dira par politesse, que tout s’est bien passé. Je sais pertinemment aussi, qu’il ne se sera rien passé. Enfin, rien d’extraordinaire. N’entretenez pas ce fantasme que Cagola se complait dans la sophistication et la hype. Les plaisirs de Cagola sont sains et rustiques.
Quand je rentre un peu plus tôt, il m’arrive de la surprendre devant certaines séries allemandes que la bienséance m’interdira de nommer ici, et que la plupart du temps, je ne connaissais même pas. Je me demande parfois si elle ne perd pas un peu son temps en essayant d’occuper le mien. J’aimerais qu’elle me ramène un jour un Julot à la maison, un de ces braves gars, sincère et généreux, intelligent et amoureux. Parce que c’est un peu tout ça mélangé, Cagola. Sous une couche de bile et une sous-couche de vitriol, se cache un cœur en nougat.
Les yaourts qu’elle a alignés dans le frigo ont repris leur garde-à-vous, en attendant le dernier coup de cuillère. Mes vestes pendent, parallèles sur les cintres dans l’entrée. Les chiens ont repris leur régime sec, sans fioritures ni friandises superflues.
Tremblez, tristes âmes, Cagola sera bientôt de retour.
17/11/07 - 00:12
Salade niçoise.
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